DOSSIER N°30 : SOLDE DE TOUT COMPTE

À mesure que les chiffres tombaient, que les sommes restant à percevoir après le remboursement de l’emprunt étaient énoncées, un sentiment d’accomplissement m’envahissait. Ce n’était plus seulement de l’argent, c’était le prix de ma liberté. Chaque euro prenait le goût d’une justice rendue, de dommages et intérêts versés pour les dommages de guerre que j’avais subis. J’allais enfin reprendre le pouvoir, ne plus dépendre de personne, devenir ma propre souveraine.

Je luttais pour ne pas laisser éclater mon contentement. Par respect pour son naufrage, je gardais le masque de marbre de l’enquêtrice, mais l’excitation bouillonnait sous la surface.

Ce qu’il aurait pu percevoir comme de l’ingratitude ou de l’irrespect n’était en réalité qu’un soulagement si profond qu’il m’en donnait le vertige.

J’allais sortir de ce bureau, laisser derrière moi les spectres de la minimisation et de l’oppression. L’acte était signé. Le scellé était posé sur ces douze années.

En posant le stylo, je n’écrivais pas seulement mon nom sur un document légal, je signais mon arrêt de sortie d’une prison dont j’avais moi-même fini par forger les barreaux.

La porte du bureau s’ouvrit sur un couloir impersonnel, mais pour moi, c’était le début d’une piste inconnue, une enquête où, pour la première fois, je ne cherchais plus le coupable, mais la femme que j’avais failli oublier d’être.

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